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Dans le cadre du festival Liszt en Provence, Guillaume Vincent a été exceptionnel

Dès les premiers accords de la 27ème sonate de Beethoven, la détermination et le toucher très clair de l’interprète nous entraînent dans le monde romantique de l’œuvre, mettant en valeur ses subtiles nuances ; l’artiste en maîtrise les abrupts les plus escarpés. La ballade n°2 en si mineur de Liszt qui suit est une œuvre haletante : c’est un véritable corps à corps qui s’engage entre l’instrument et le pianiste. Guillaume Vincent fait preuve d’une formidable virtuosité sans oublier pour autant l’expression d’une très grande sensibilité. Sensibilité que l’on retrouve en seconde partie de la soirée avec les Klavierstücke op 118 de Brahms. Le moment est magique. L’artiste semble avoir sondé au plus profond l’esprit de l’opus 118 : les voix murmurées et les subtils effets poétiques mis en valeur par ce piano exceptionnel. Liszt encore, pour clôre cette belle soirée, avec la Rhapsodie hongroise n°1 en mi majeur. C’est un feu d’artifice de brillance. G.Vincent triomphe avec une aisance sereine des pires embûches; il apporte à cette rhapsodie un éclairage varié et fait preuve d’une précision pianistique parfaite. On sent dans son jeu une personnalité déjà affirmée, une maturité certaine.

Dany Baychère, La Marseillaise, 7 août 2012